Quand la personne refuse toute intervention
C’est le blocage le plus courant, et celui qui laisse les familles le plus démunies. Il n’existe pas de solution rapide, mais il existe un chemin.
Que faire si mon proche refuse qu’on nettoie chez lui ?
Si la personne est majeure et qu’aucune mesure de protection juridique n’a été prononcée, son accord est juridiquement indispensable : ni la famille, ni le bailleur, ni une entreprise ne peuvent intervenir chez elle sans son consentement. Les recours possibles sont le travail de conviction par un tiers de confiance, l’alerte du médecin traitant ou du CCAS, et le signalement au service communal d’hygiène et de santé lorsque l’insalubrité fait courir un risque.

Le point de départ juridique
Le domicile est inviolable. Une personne majeure, non protégée, décide seule de qui entre chez elle, y compris quand son logement met sa santé en jeu. Comprendre ce point évite beaucoup de tentatives contre-productives.
Passer outre — forcer une porte, organiser un débarras en son absence — expose à des poursuites et détruit durablement le lien de confiance. Nous refusons ce type de demande.
Ce qui fonctionne le mieux, en pratique
Un tiers de confiance plutôt que la famille directe. Un voisin, un ancien collègue, un aide à domicile, un médecin : les proches immédiats sont souvent ceux dont l’intervention est vécue comme la plus intrusive.
Partir d’un objectif concret et limité. « Dégager le passage vers la salle de bain » est accepté bien plus souvent que « tout nettoyer ». L’intervention par étapes est fréquemment ce qui débloque la situation.
Faire venir l’entreprise sans matériel. Nous nous déplaçons volontiers pour expliquer ce qui se passerait, sans équipe et sans camion. Voir un interlocuteur calme, qui ne juge pas et qui décrit un déroulement précis, lève souvent une part de l’angoisse.
Quand la situation présente un danger
Risque d’incendie, installation électrique sous les cartons, effondrement de plancher, prolifération de nuisibles atteignant le voisinage, absence d’eau ou de chauffage : il y a alors matière à signalement.
À Toulouse, les interlocuteurs sont le CCAS de la commune, le service communal d’hygiène et de santé, et le médecin traitant. En cas de danger immédiat pour la personne, les services de secours.
Une mesure de protection juridique — sauvegarde de justice, curatelle, tutelle — se demande auprès du juge des contentieux de la protection, avec un certificat médical circonstancié établi par un médecin inscrit sur la liste du procureur. C’est une démarche longue, mais c’est parfois la seule voie.